Tes mains tout’ grises sur ces draps blancs
Tes derniers mots qui lèvent le camp
« À la prochaine, ici ailleurs »
Et ce sourire de dernière heure.
Dans ce décor anesthésié
Sur le fauteuil vinyle orangé
Monsieur la mort se remaquille
Dans son miroir de pacotille.
Je quitte la chambre du bout des larmes
Veni, Vidi, je sors mon arme
La poésie
Puisque l’on nage dans l’éphémère,
Je fais la planche, regarde dans l’air
Et dans la boue et dans le bruit
Je vogue sur la poésie
Déjà enfant, mon garde du cœur
Ne s’appelait pas Doudou sauveur
Tendance rêveuse sur les bulletins
Ma gomme se changeait en lutin !
Un long cheveu brun sur le pull
D’un beau prof de maths, automate
Et j’enclenchais la pellicule
D’une romance maladroite.
Le tableau suivait mes envies
Sur grand écran aux coloris
De poésie
Puisque l’on nage dans l’éphémère,
Je fais la planche, regarde dans l’air
Et dans la boue et dans le bruit
Je vogue sur la poésie
Je chéris mon super pouvoir,
Je plante des fleurs sur les trottoirs,
Je traque le beau dans le plus laid
Au ralenti, pour capturer
Les métaphores dans mes semelles
Que mes pas lourds prennent des ailes.
Quand viendra l’heure du game over,
J’aimerais laisser de bonne humeur
Un testament en cerf-volant
Que jamais ne tombe le vent
De poésie
Puisque l’on nage dans l’éphémère,
Je fais la planche, regarde dans l’air
Et dans la boue et dans le bruit
Je vogue sur la poésie