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CTD Diamant Noir– Le Miroir
Texte intégral – Poésie en cinq mouvements
I. Le Miroir
La mort est un miroir
sans tain,
Ombre glissant,
lendemain incertain.
Un jour,
sans bruit,
sans reflet,
je verrai qui je suis,
en secret.
Plus d’échos,
plus de masque,
plus de rôle.
Seulement l’âme nue,
sans parole.
II. Les Doutes
Ai-je marché
selon ma propre loi ?
Ou bien joué
ce qu’on attendait de moi ?
Mes gestes, mes choix,
étaient-ils vraiment miens ?
Ou juste l’ombre
d’un autre,
qui tenait ma main ?
La mort ne ment pas.
Elle dissout le décor.
Ne garde que l’essence,
brûle le reste au bord.
Ce miroir,
c’est l’œil que je fuyais,
celui
de moi-même,
celui
que je tais.
III. Le Compte
Au seuil du néant,
une lumière se dresse,
plus forte que l’ombre,
plus vraie que mes faiblesses.
Celui qui voit tout,
connaît chaque secret,
déploie Sa balance,
nul ne peut s’en défaire.
Ce miroir,
c’est Nour,
le retour,
où les membres témoignent,
même sans discours.
Mes gestes inscrits,
mes silences comptés,
tout ce que j’ai tu,
tout ce que j’ai tenté.
« Lis ton livre »,
dira-t-Il,
sans cri ni colère.
Et je verrai,
si ma vie fut lumière
ou poussière.
Si j’ai marché vers Lui,
ou vers mon reflet,
feignant la foi,
ou vivant en vérité.
IV. Le Refuge
Les pages tourneront,
sans qu’aucune n’oublie,
le soupir,
le regard,
la prière,
l’oubli.
Ma langue se taira,
mes mains parleront.
Mes pieds traceront
la carte
de mes intentions.
Ce jour-là,
nul voile,
nul prétexte,
nul bruit.
Seulement la clarté
de ce que fut ma nuit.
Et si mes fautes pèsent,
lourdes comme pierre,
je tends vers Lui
mon cœur,
fragile, sincère.
V. La Miséricorde
Car Tu es Ar-Raḥmān,
nul n’égale Ta Grâce.
Tu pardonnes les cœurs,
Tu effaces les traces.
Un atome de bien —
Ton Jardin s’ouvre grand.
Un pas vers Toi —
Ton Amour me devance.
Alors, si ce miroir
devient lumière, chaleur,
ce sera par Ton Nom,
pas par ma valeur.
Dans la paix des âmes
que Tu as élevées,
je saurai enfin
ce que c’est : exister.