
时间:2022-01-07
在手机上保存,获得更好体验
Aujourd'hui, j'ai signé, au revoir la grande
Je me suis engagé dans la marine marchande
Je quitte mon trou à rat pour une couple de cent piasses
Quessé qu'un homme ferait pas pour pu te revoir la face
Oh, mon prince charmant, t'as jamais travaillé
Pis t'es l'pire fainéant qu'la Terre a engendré
Si c'est vrai qu'tu t'en vas, j'm'installe sur le rivage
Pour te voir, mon gros gars, t'éloigner vers le large
T'es méchante quand t'es saoule, pis comme t'es toujours saoule
Ben, t'es tout l'temps méchante, c'est comme des portes tournantes
Alors, oui, j'ai signé pour plus te revoir la grande
Je me suis engagé dans la marine marchande
Oh, à boire, à boire, car j'ai la gorge en feu
À boire, à boire, pour les couples malheureux
À boire, à boire, un dernier coup, la grande
Je me suis engagé dans la marine marchande
Oui, j'me suis engagé dans la marine marchande
Au large d'l'Atlantique nord, sur des flots déchaînés
Oui, je couine comme un porc dans des vagues de 30 pieds
Je me vomis les tripes à cause du mal de mer
Mais j'te jure sur ma pipe que rien n'égale l'enfer de vivre avec toé
Yeah right, mon homme, penses-tu me faire brailler?
Toi qui m'trompes comme une conne dès qu'j'ai le dos tourné
D'ailleurs, si j'bois ma vie d'merde à même le goulot
D'une bouteille de whisky, c't'à cause de toi, salaud
À boire, à boire, à boire, à boire, j'ai la gorge en feu
À boire, à boire, à boire, pour les couples malheureux
À boire, à boire, à boire, juste un dernier coup la grande
Je me suis engagé dans la marine marchande
Oui, j'me suis engagé dans la marine
Sont arrivés en Westfalia en criant"SOS Gaïa"
Accoutrés comme des hippies avec les yeux rougis
Cheveux longs et surplus d'armée, en bédaine et jouant du tam-tam
On se serait cru 30 ans passés pendant guerre du Vietnam
Il y avait tous les clichés de l'époque des granolas
Des chemises en macramé aux filles poilues en dessous des bras
V’nant en grande majorité du Cégep du Vieux Montréal
Tous là pour manifester contre les multinationales
Et la mince foule grelottait en ce froid jeudi d'printemps
Et aux étudiants qui foxaient s'ajoutaient quelques passants
Les marxistes-léninistes, des militants pour le pot
Et une coupe d'écologistes ont investi le spot
On écoutait l'vieux cinglé qui se prenait pour Castro
Avec son képi d'officier et son couteau de Rambo
Mais on a vite constaté qu'il lui manquait un marteau
Quand il nous a proposé de faire un concours de limbo
À la manifestation, on rêvait d'révolution
En se gelant l'cul avec une poignée de comparses
Sous la pluie froide du mois de mars
J’suis né dins années soixante-dix dans un Québec en plein changement
Où l'emblème de la fleur de lys donnait un peu d'espoir aux gens
Mais quand je regarde ça aujourd'hui, j’suis donc pas fier de ma patrie
Ça dort au gaz dins bungalows, le cul assis su'l statut quo
En se gavant de téléromans et de talks-shows les plus stupides
Se laissant mourir su'l divan avec leur petit air candide
Dans ce royaume de la poutine, on s'complait dans médiocrité
Ben satisfaits de notre routine et du bonheur préfabriqué
« Prendrais-tu un p'tit gratteux? », me dit l'caissier au dépanneur
« Enweye le gros, sors ton p'tit deux, être millionnaire, c'est le bonheur »
Y s'met à rêver le samedi qu'y va p't'être quitter son taudis
Espère toujours, maudit moron, t'as une chance sur quatorze millions
Dans l'stationnement du casino, un gars s'tire une balle dans la tête
Ayant tout flaubé son magot, y avait pu trop l'cœur à la fête
Mais l'gouvernement s'en balance, y s'nourrit à même les gamblers
En exploitant leur dépendance, un peu comme le ferait un pusher
Si c'est ça l'Québec moderne, ben, moi, j'mets mon drapeau en berne
Et j'emmerde tous les bouffons qui nous gouvernent
Si tu rêves d'avoir un pays, ben, moi, j'te dis qu't'es mal parti
T'as ben plus de chances de gagner à loterie
On n’avait jamais su de quel pays qu'a v’nait
Ni même l'âge qu'a l'avait ou comment qu'a s'appelait
Mais, tout l'monde, la surnommait la reine
Dans l'bout d'la rue Sainte-Catherine et d'la Main
A s'promenait dans l'quartier depuis au moins dix ans
Côtoyant les putains et les itinérants
Mais quand on entendait son accent
On s'doutait qu'a v’nait pas du lac Saint-Jean
Chaque soir, elle prenait sous son aile
Des clochards et des junkies de fond de ruelle
Comme un ange gardien venu du ciel
Qui serait atterri dans les poubelles
La nuit, avec son pick-up, elle faisait sa tournée
Distribuant des toasts et un peu de café
Pour donner un p'tit brin de chaleur
À ceux qui ont l'hiver drette dans le coeur
Pour les écorchés vifs, elle inspirait la paix
Sa seule présence était comme un baume sur leurs plaies
Son regard était une lanterne
Pour les naufragés des sombres tavernes
Chaque soir, elle prenait sous son aile
Des clochards et des junkies de fond de ruelle
Comme un ange gardien venu du ciel
Qui serait atterri dans les poubelles
On est montés par la 131 Nord
Fait 40 miles sur des chemins en garnotte
Su'l'banc d'en arrière, les frères Talbot
Dormaient comme des marmottes
Pendant qu'on cherchait l'shack à mon oncle Hector
Une vieille baraque avec le toit défoncé
Bourrée de mulots, d'insectes pis d'toiles d'araignée
C’pas mêlant, y avait même un nid d'oiseau dans le lavabo
Pis l'plancher était parsemé d'chiures de moineau
A va être bonne, à soir, dans l'shack à Hector (oui monsieur!)
Ouvre la valise pis sors les bouteilles de fort
Pis si jamais ton foie décide d'être malade
Arrange-toi donc pour pas faire ça dans le plat d'salade
Au p'tit matin, Talbot se r’mettait d'sa brosse
Ça f’sait une heure qu'y était enfermé dans bécosse
En sortant, y nous a dit : « si vous allez à toilette,
J'vous conseille de craquer une allumette »
On s'est rendus compte qu'Roger s'était poussé
Avec notre char, notre linge, notre argent pis nos clés
Heureusement, y a pris soin de nous laisser 3-4 six-packs
Qu'on va boire à soir, bien écrasés dans l'shack
A va être bonne, à soir, dans l'shack à Hector
Ouvre la valise pis sors les bouteilles de fort
Et la morale de cette charmante histoire
Qui boit trop fort s'en revient sans son char