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Je me souviens du vent
Qui passait sur la mer,
Gonflait les coupe-vent
Sous des soleils d’hiver.
Il apportait l’accent
De lointaines contrées,
Des cris d’engoulevent,
Des images outrées.
Je me souviens du vent
Sa chanson lancinante,
Qu’il répétait souvent
Sur la dune mouvante.
Quand, sur le sable d’or,
Je m’allongeais, fourbue,
Mon cœur battait si fort
D’avoir autant couru !
Sa chanson continue
Faisait croire aux chimères,
A la douce ingénue,
Au cœur en bandoulière !
Et sa voix de stentor
Soulevait la poussière
Et me recouvrait d’or,
Telle une joaillière.
En un clin d’œil le vent
M’a donné la richesse,
Mais le sable est mouvant :
Enterrée ma jeunesse.