Rosa
Rosa quitte la ville
Rosa quitte la ville, heureuse
Rosa ne reviendra pas
Un peu roots et pas trop chic
Le cœur léger, les tiffs en vrac
Demain, dès l’aube, elle prend ses clics
Ses vieilles groles et son vieux sac
Elle voudrait que je l’accompagne
Loin de sa rue et de ses blocs
Elle s’en va vivre à la campagne
C’est drôle à dire à notre époque
Malgré tous ces gens qu’elle aime
Rosa, elle en a assez
De notre cité HLM
De la grisaille et de l’acier
Rosa
Rosa quitte la ville
Rosa quitte la ville, heureuse
Rosa ne reviendra pas
Rosa
Rosa quitte la ville
Rosa quitte la ville, heureuse
Rosa ne reviendra pas
Rosa, elle quitte sans regret
Vapeurs et particules fines
Qui ont noirci toutes ces années
Ses tout petits poumons fragiles
Adieu les centres commerciaux
Les grandes enseignes à la chaîne
Les samedis à pousser le charriot
Poches vides et caisses pleines
Depuis le temps qu’elle nous en parle
De son pays de Cocagne
Du vent qui souffle dans les arbres
Et son chalet dans la montagne
Rosa
Rosa quitte la ville
Rosa quitte la ville, heureuse
Rosa ne reviendra pas
Rosa
Rosa quitte la ville
Rosa quitte la ville, heureuse
Rosa ne reviendra pas
Rosa, elle m’écrit souvent
Qu’un jour, je devrais oser
« Viens voir comme c’est beau le printemps
Au petit matin, sous la rosée »
Se pourrait-il que je m’arrache
De ce béton qui m’a vu naître ?
Mes souvenirs et mes nuits blanches
Et nos fous rires à la fenêtre
Rosa, elle aime l’eau calme
Moi, j’aime quand ça bouillonne
Quand ça klaxonne, quand ça castagne
Quand le silence nous abandonne
Les champs de blé et les cigales
Pas sûr que ce soit fait pour moi
Mais Rosa, elle aimerait que j’essaie
Et moi, j’aime Rosa
Rosa
Rosa quitte la ville
Rosa quitte la ville, heureuse
Rosa ne reviendra pas
Rosa
Rosa quitte la ville
Rosa quitte la ville, heureuse
Rosa ne reviendra pas