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Tu auras perdu la laideur des hommes
Dans la communion de nos peines.
Tu auras perdu la trace du vide
Et les formes du vice.
Les frontières lacérées de la cruauté et de la peur,
Les paysages obscurs du désarroi.
Tu auras perdu la soif,
La langue aride des amours abandonnées.
Et l’amertume aiguë qui traine dans les fosses du regret.
En toi, dans la dissolution des ombres,
Ne résonneront encore que la pureté de l’absolution
Et l’incendie du dévouement.
Et ton visage chaviré
Dans l’allure pauvre de l’élégance.
Soulevé dans les vastes feux de Dieu,
Éventré de brûlures et de lumières.
Car il faut pour être libre
Enlacer ses entraves et ses cassures.
L’âme et le regard droits.
Perçant les temps déchirés,
Avec la langue et les armes du ciel.
Suspendu dans les vertiges incalculables
D’un amour absolu.
Pour sortir par les blessures du monde.
À la clarté de nos morts.
Dans les secousses du renouveau.
Et puisque que tu souhaites parler brillamment
De ton coeur et de ses gouffres, mon frère.
Je t’aimerai, dans la profondeur de nos déchirures
Et la douleur partagée de l’illumination,
Et nous serons de ceux qui scandent ces flambeaux infinis.
Jusqu’en dehors du ciel.
Entre les écueils blancs du temps.
Notre dernier linceul.
Au bout du souffle de nos vies.
Et dans la trace de nos coeurs aveugles.
Empoisonnés des foudres de l’éternité,
Le séisme dans la voix.
Hurlant la destruction comme on chante les anges.
Tout autour il n’y a que des flammes immenses.