Je passe dans la rue chaque matin
Arrêté de rêver de l'après-vie
Je te regarde de loin, petit pinceau à la main
On en sait rien, frère, on brode des récits
Simple signature sur un mur ancien
Mais dans tes yeux je vois déjà demain
On me parle de karma, de tunnels, de lumière
Mais c'est surtout la peur qui leur serre la chaise
Ce que je sais vraiment, c'est écrit dans ma chaise aussi
J'étais pas là, j'ai été, là j'suis plus, tant pis
Tu traces ta route
Pendant que les autres dorment, sans doute
Tu crées ton monde
Dans ce quartier qui gronde
Les années passent, tes lignes s'affinent
De tag en fresque, ton style illumine
Les murs gris deviennent des scènes de vie
Tu transformes le béton en poésie
Je n'étais pas, j'ai été
Je ne suis plus, et j'm'en fous, tu sais
Tu traces ta route
Si le commencement et la fin sont le même silence
Tu crées ton monde
Pourquoi j'laisserais la peur diriger mon absence ?
Dans la rue, je vois tes couleurs
Si le début et la fin sont la même poussière
Qui racontent toutes tes heures
Pourquoi je me déchire à calculer l'envers ?
Chaque trait, chaque nuance
On s'accroche à des contes pour panser la colère
Dans la rue, ton art avance
Mais le temps qu'on se rassure, la vie passe à l'arrière
Je n'étais pas, j'ai été
Je ne suis plus, c'est comme ça
Alors j'embrasse chaque seconde
Et le reste suivra (hey)
On grave des promesses sur des pierres, sur des pages
Pour survivre un peu plus loin que notre propre visage
On négocie des places au ciel comme au marché
On oublie qu'ici-bas, y'a déjà tout à marcher
Maintenant les passants s'arrêtent, admirent
Ton talent grandit, je peux le dire
Les enfants pointent du doigt tes créations
Les anciens changent leur opinion
Tu peins l'histoire de notre quartier
Les visages, les places, le passé
Chaque coup de spray raconte une histoire
Sur ces murs qui gardent la mémoire
Si demain tout s'éteint, qu'est-ce qui reste ?
Peut-être un simple « j'étais là pour toi »
Je n'étais pas, j'ai été
Je ne suis plus, et je m'en soucie jamais
Dans la rue, je vois tes couleurs
Si le début et la fin sont la même poussière
Qui racontent toutes tes heures
Pourquoi je me déchire à craindre l'enfer ?
Chaque trait, chaque nuance
On s'accroche à des contes pour panser la misère
Dans la rue, ton art avance
Mais le temps qu'on se console, la vie reste amère
Si le commencement et la fin sont le même silence
Alors c'est maintenant qui porte tout le sens
Entre les deux
C'est à moi d'écrire ce qu'il y aura
Arrête de rêver de l'après
Regarde devant, tu traces ta route
Les mains qui tremblent, les bouches qui mentent
Et ces murs qui t'ont vu grandir, sans doute
Les rires qui t'aiment, les routes qui t'attendent
De l'aube jusqu'au soir, tu donnes vie à l'espoir
Le reste, c'est du vent que la nuit nous revende
Sans dire un mot, ton message est sur les murs, si beau, dans le noir
Si le début et la fin sont la même poussière
Je veux salir mes doigts à bâtir ma lumière
On s'accroche à la vie comme à la dernière prière
Car avant comme après
Y'a que ce qu'on fait qui reste clair
Dans la rue, je vois tes couleurs
Je n'étais pas, j'ai été
Qui racontent toutes tes heures
Je ne suis plus, et voilà
Chaque trait, chaque nuance
Entre les deux, c'est toi qui écris l'histoire
Dans la rue, ton art avance
Sur ces murs qui gardent la mémoire.